Soutien des infirmier(ère)s nouvellement diplômé(e)s”

Quels sont les différents types d’horaires offerts dans la profession infirmière?

Selon le poste que vous obtenez, vous pouvez avoir un horaire à temps plein ou à temps partiel. On distingue également les postes permanents, temporaires et occasionnels. Tous ces types d’emploi ont leurs avantages, selon votre situation.

  • Permanent à temps plein : Ces postes sont habituellement les plus recherchés par les finissants qui ont besoin d’argent, notamment pour rembourser leurs dettes souvent élevées. Ce statut vous garantit un travail à temps plein habituellement assorti d’un horaire de quarts prévisible, en plus des avantages sociaux et de l’assurance d’un poste permanent. L’équivalent d’un horaire à temps plein différant selon les pays, vérifiez ce qu’il est auprès de votre agence de placement.
  • Temporaire à temps plein : Ces postes sont avantageux si vous voulez travailler à temps plein mais qu’il n’y a pas de postes permanents disponibles. Il s’agit la plupart du temps d’affectations de longue durée (souvent un an), fréquemment en remplacement d’une personne en congé « temporaire » de maternité, de maladie ou autre. Vous n’aurez pas nécessairement droit à des avantages sociaux (régime de retraite, assurance maladie et dentaire) aussi rapidement que dans un poste permanent; renseignez-vous à ce sujet auprès des ressources humaines.
  • Temps partiel : Les offres d’emploi précisent le nombre de quarts offerts par rotation. Demandez toujours au gestionnaire de l’unité s’il est possible d’ajouter des quarts à l’horaire ou des affectations occasionnelles.
  • Occasionnel/Relève/Agence : S’il n’y a pas d’emploi offert dans le secteur où vous désirez travailler, mais que vous voulez « mettre un pied dans la porte », vous pouvez accepter du travail occasionnel ou un poste de relève, ou encore vous inscrire à une agence externe qui fournit du personnel à l’établissement qui vous intéresse. Cette formule peut très bien vous convenir si vous êtes adaptable et n’avez pas de problème avec un horaire de travail imprévisible. Attention cependant – il est TRÈS DIFFICILE de planifier sa vie quand on travaille beaucoup de façon occasionnelle. Par contre, c’est VOUS qui décidez des quarts que vous acceptez et refusez.

Qu’entend-on par professionnalisme dans les soins infirmiers?

Le professionnalisme infirmier est une notion complexe. Souvent identifié au respect de normes, d’un code de conduite ou de compétences qui caractérisent les « meilleures » pratiques (fondées sur des données probantes) dans un domaine d’activité, le professionnalisme se rapporte aussi au comportement adopté dans l’application des compétences et des connaissances. Le professionnalisme signifie que vous comprenez votre rôle de soignant ou de membre d’une équipe interprofessionnelle de soins de santé et que vous réalisez l’influence de vos gestes sur l’expérience vécue par les patients et par vos collègues.

Pouvez-vous nous donner quelques conseils sur la transition du rôle d’infirmière/infirmier auxiliaire à celui d’infirmière/infirmier autorisé?

Le fait de poursuivre vos études pour passer du statut d’infirmière/infirmier auxiliaire à celui d’infirmière/infirmier autorisé est une décision très personnelle. La majorité des infirmières/infirmiers auxiliaires qui accomplissent cette démarche constatent que l’expérience qu’ils ont acquise rend la transition plus facile. Plusieurs écoles de sciences infirmières reconnaissent les études et les compétences des infirmières/infirmiers auxiliaires. En général, il faut près de deux ans d’études pour passer d’une profession à l’autre. Une fois que vous aurez réussi l’examen NCLEX-RN, le principal changement que vous noterez résidera dans l’ampleur de vos responsabilités et la nature des attentes à votre égard (on vous confiera des patients au dossier plus complexe et des compétences de pratique avancée s’ajouteront à votre portefeuille de compétences).

En tant qu’infirmier, je trouve souvent que les infirmières ont plus de facilité à s’exprimer et à manifester de l’empathie envers les patients. Comment puis-je montrer à mes patients que je me soucie d’eux autant que mes collègues féminines?

L’une des premières choses à faire pourrait être de réfléchir à vos propres pratiques de soins. Comment manifestez-vous de la sollicitude? Comme nous l’avons mentionné, les hommes ont souvent des façons différentes de montrer qu’ils se soucient des autres. Vous pourriez donc commencer par un peu d’introspection pour comprendre comment vous exprimez de l’empathie.

De quels soutiens les infirmiers disposent-ils lorsqu’ils éprouvent des difficultés?

Bien des infirmiers trouvent utile de parler à des collègues ou mentors dans la profession, même si ce ne sont pas des hommes. Souvent, le dialogue avec une personne de confiance qui peut offrir des conseils ou une perspective aide à rendre les difficultés liées au travail plus tolérables et plus faciles à surmonter. Par ailleurs, maintenant que de plus en plus d’hommes entrent dans la profession, de nombreux syndicats se dotent d’un représentant masculin ou d’un groupe d’infirmiers chargé d’aborder les inégalités dont vous pouvez souffrir dans votre pratique.

Quels outils ou stratégies les infirmiers peuvent-ils utiliser pour surmonter ces obstacles?

La communication est un excellent outil d’éducation et de transparence. Elle aide à créer un lien de confiance et à favoriser la collaboration, tout en développant une compréhension qui contribue à dissiper les préjugés préexistants. Que ce soit avec des patients, des collègues ou d’autres groupes de personnes, le fait d’aborder chaque situation avec ouverture d’esprit et d’être prêt à dialoguer est l’une des meilleures façons de promouvoir la visibilité, la diversité des genres et un discours qui encourage l’ensemble des infirmières et infirmiers.

Quels obstacles particuliers les hommes affrontent-ils durant leurs études en sciences infirmières?

La discrimination et les préjugés fondés sur le genre, le manque de références à la présence masculine dans l’histoire des soins infirmiers, et même l’isolement, pour n’en citer que quelques-uns. Les recherches indiquent que les raisons d’opter pour la profession infirmière sont sensiblement les mêmes chez les hommes et les femmes : le désir de changer les choses et l’occasion de prendre soin des autres.

En tant qu’infirmière, comment puis-je contribuer à changer le discours sur les infirmiers?

Reconnaissez et comprenez les défis que doivent relever les hommes dans une profession à prédominance féminine. Abordez les facteurs qui sont source d’inégalité pour les hommes dans notre milieu de travail. Il n’y a pas de recette magique. Il importe de vous familiariser avec la façon dont les hommes font preuve de bienveillance dans la prestation des soins – en effet, sans être « moins » attentionnés, les infirmiers manifestent parfois leur bienveillance envers les patients d’une autre façon que leurs collègues féminines. En définitive, la profession infirmière BÉNÉFICIE de la diversité des personnes qui l’exercent – parlez aux hommes avec qui vous travaillez pour connaître leur opinion quant à l’expérience qu’ils vivent dans la profession!

Comment puis-je dispenser de meilleurs soins de santé aux patients autochtones?

Prenez d’abord conscience de vos partis pris. Tout le monde en a, il s’agit de les identifier. Demandez-vous quels préjugés vous pouvez entretenir envers les populations autochtones avec lesquelles vous interagissez. Comment ces préjugés ont-ils influencé votre pratique? Pourquoi avez-vous de tels préjugés? Prenez le temps de faire des recherches et de poser des questions aux Autochtones qui vous entourent; laissez leurs réflexions, leurs expériences et leurs pratiques de santé façonner et guider votre approche holistique.

 

En tant que personne non autochtone, comment puis-je mieux me renseigner sur les inégalités que subissent les peuples autochtones?

Commencez par connaître le territoire où vous avez la chance de travailler et de vivre et par reconnaître les peuples qui en sont dépositaires. Faites des recherches sur les bandes et réserves locales et écoutez les témoignages des membres des communautés autochtones puisque ces derniers sont les mieux placés pour parler de leurs expériences.

 

Lectures recommandées :
DiAngelo, Robin, 2018. White Fragility: Why It’s So Hard for White People to Talk About Racism:  https://www.robindiangelo.com
Voir l’entrevue avec Robin DiAngelo à https://nursingthefuture.ca/book-club/

 

In Plain Sight: Addressing Indigenous-specific Racism and Discrimination in BC Healthcare

https://nursingthefuture.ca/wp-content/uploads/2021/05/In-Plain-Sight-Summary-Report.pdf

 

  1. Lisa Bourque Bearskin, Brenda L. Cameron, Malcolm King, Cora Weber-Pillwax,

Madeleine Dion Stout, Evelyn Voyageur, Alice Reid, Lea Bill, Rose Martial. Mâmawoh Kamâtowin. Coming together to help each other in wellness: Honouring Indigenous Nursing

Knowledge. International Journal of Indigenous Health, Volume 11, Numéro 1. DOI: 10.18357/ijih111201615024

 

Kennedy, Andrea; Bourque, Danielle H.; Bourque, Domonique E.; Cardinal, Samantha; and Bourque Bearskin, R. Lisa (2021) Reconciling Taking the "Indian" out of the Nurse. Quality Advancement in Nursing Education - Avancées en formation infirmière: Volume 7, Numéro 1, Article 6. DOI: https://doi.org/10.17483/2368-6669.1276

Au Canada, existe-t-il des organismes professionnels nationaux ou régionaux pour les infirmières et infirmiers provenant d’horizons ethniques particuliers?

Il n’existe pas de tel organisme à l’échelle nationale, mais il est possible de bénéficier d’une entraide et d’un soutien communautaire. Dans toutes les provinces, des organisations professionnelles offrent un soutien de terrain aux infirmières et infirmiers de couleur.

 

Par exemple, il y a une association des infirmières et infirmiers philippins au Manitoba, ainsi qu’une association des infirmières et infirmiers sino-canadiens en Ontario qui travaille pour mettre fin au classisme et au racisme antichinois. Au sein de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario, un groupe de travail offre des ressources éducatives et une plateforme de réseautage communautaire aux infirmières et infirmiers noirs. À l’échelle nationale, l’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada œuvre à l’amélioration de la santé autochtone en appuyant les infirmières et infirmiers autochtones.

 

Par nos conversations contre le racisme et le travail de sensibilisation mené par d’innombrables infirmières et infirmiers partout au pays, nous espérons parvenir à un accès plus équitable à ces organismes en rendant leurs ressources plus accessibles.

 

Puis-je refuser de m’occuper d’un patient qui tient des propos à caractère racial? Quelles sont mes options et à qui dois-je m’adresser dans une telle situation?

Les infirmières et infirmiers sont protégés par la Loi canadienne sur les droits de la personne (la Loi). La Loi définit le harcèlement comme « tout comportement inopportun et offensant d’une personne envers une autre personne en milieu de travail ». Les comportements offensants comprennent les actes, propos et exhibitions discriminatoires. Ainsi, le fait qu’un patient/client tienne des propos à caractère racial envers une infirmière ou un infirmier constitue du harcèlement.

La Loi précise que le comportement doit être répétitif pour constituer du harcèlement. Autrement dit, le patient/client doit tenir des propos à caractère racial plus d’une fois. Si vous avez demandé à un patient/client de ne PAS tenir de propos à caractère racial et qu’il continue de le faire, vous avez le droit de refuser de vous en occuper. Ceci dit, un acte unique de racisme peut constituer du harcèlement s’il est assez grave pour avoir des effets importants et durables sur l’infirmière ou l’infirmier.

En plus de la Loi, les infirmières et infirmiers du Canada bénéficient de la protection du Règlement sur la prévention du harcèlement et de la violence dans le lieu de travail, qui précise ce qu’est un « lieu de travail », ce que sont les actes de harcèlement et en quoi consiste l’obligation de l’employeur de s’assurer que le lieu de travail est psychologiquement sécuritaire.

Si un patient tient des propos à caractère racial, la première étape consiste à vous adresser à votre infirmière surveillante/infirmier surveillant pour discuter de la possibilité que cette personne soit confiée à quelqu’un d’autre. Vous pouvez également communiquer avec votre syndicat et votre organisme de réglementation.

Références:

Loi canadienne sur les droits de la personne
S’agit-il de harcèlement? Outil au service des employés
Règlement sur la prévention du harcèlement et de la violence dans le lieu de travail

Quelle est la principale différence entre le travail en milieu éloigné et en milieu urbain?

En un mot, les SERVICES. Le manque de financement et de services est beaucoup plus fréquent en milieu rural que dans les grands centres urbains. Les infirmières et infirmiers assument des rôles multiples (qui débordent parfois de leur champ de pratique) en raison de l’absence d’une équipe interdisciplinaire de soignants. Dans certaines communautés, le matériel est obsolète et il est difficile d’obtenir des ressources optimales. De plus, bien des praticiens travaillent seuls ou avec un appui « à distance » (par téléphone ou Internet). Enfin, l’absence de médecin sur place fait en sorte que la majorité des consultations se font au téléphone.

Quel est l’aspect le plus difficile des soins infirmiers en milieu rural? Quels sont les défis couramment rencontrés lorsqu’on travaille en milieu rural ou éloigné?

Si vous avez la possibilité de travailler dans un hôpital urbain, nous vous encourageons à œuvrer au sein d’une équipe infirmière flottante. Vous acquerrez ainsi la plus vaste gamme d’expériences possible et vous apprendrez à vous adapter à des situations critiques. En milieu rural, il y a une différence entre les petites localités rurales et les communautés autochtones éloignées uniquement accessibles par avion. Si vous désirez travailler dans ces dernières, vous devez posséder cinq ans d’expérience dans au moins un domaine de spécialisation, comme l’urgence, les soins intensifs, la pédiatrie, les soins intensifs néonataux ou la santé publique. Cette exigence vise principalement à assurer la sécurité des patients tout en protégeant votre pratique dans un contexte qui demande une grande autonomie de décision.

Comment retenir les infirmières/infirmiers novices en milieu rural ou éloigné après avoir consacré des efforts et des frais à leur orientation?

Pour améliorer la rétention du personnel infirmier en milieu rural, il faut d’abord reconnaître et atténuer d’importants facteurs de stress propres à la pratique rurale. Les infirmières et infirmiers nouvellement diplômés demeurent (et reviennent) là où on leur permet de S’ÉPANOUIR. Donnez-leur l’occasion de devenir des experts dans un domaine (par exemple, expert en diabète, formation avancée en gestion de l’accouchement ou expert en traumatologie). Offrez-leur des possibilités de formation permanente sur place ou par télésanté. De plus, ces personnes demeurent là où leur famille peut s’épanouir; aidez-les donc à tisser des liens dans la communauté. En pratique rurale, les relations cordiales avec les collègues de travail constituent un moyen pratique d’inciter les infirmières et infirmiers à rester en poste.

De quel soutien les infirmières et infirmiers novices ont-ils besoin en milieu rural ou éloigné?

Les infirmières et infirmiers nouvellement diplômés peuvent avoir besoin d’une période d’orientation plus longue que prévu s’il s’agit de leur première expérience en milieu rural. Il serait utile que les éducateurs s’assoient avec chaque novice pour formuler un plan d’orientation personnalisé pour combler des lacunes au niveau de la préparation (par exemple, absence d’expérience avec la télémétrie), programmer une orientation avec un pair ou en groupe (pour ne pas être la seule « nouvelle » personne si possible) et offrir un jumelage avec des partenaires communautaires comme les services médicaux d’urgence, la police, les cliniques externes ou l’hôpital (si l’infirmière ou infirmier nouvellement diplômé travaille en clinique). Dans la mesure du possible, mettez cette personne en contact avec un ancien de la communauté pour faciliter son intégration socioculturelle.

Comment puis-je le mieux aider une nouvelle infirmière à sentir qu’elle est bien accueillie et qu’on lui fait confiance dans la communauté?

C’est un aspect très épineux des soins infirmiers. Quand un contexte clinique remet en cause vos valeurs, tâchez d’abord de régler le problème avec les personnes directement impliquées, demandez l’avis d’une personneayant un niveau de responsabilité plus élevé (infirmière/infirmier d’expérience en qui vous avez confiance ou personne responsable de la formation ou de la coordination des soins dans l’unité) ou parlez de la question à un ami ou mentor. Utilisez les compétences en autoréflexion acquises pendant vos études pour déterminer la source de votre malaise et savoir si vous pouvez ou devez changer quelque chose dans votre vie personnelle ou professionnelle ou si le changement doit s’opérer au niveau de l’unité ou de l’institution. Si le fossé persiste entre une situation de travailet vos valeurs, vous pourriez devoir songer à faire un changement ou à en réclamer un là où vous travaillez. Soyez à l’affût des mécanismes de défensemésadaptés (insomnie, tristesse ou colère profonde, isolement par rapport à vos proches ou consommation de substances pour calmer votre angoisse) – s’il n’est pas réglé, le stress au travail peut vous envahir peu à peu et vous voler votre joie. Dans tous les milieux de travail, vous avez accès à des ressources de santé au travail – des praticiens compétents qui sont là pour vous aider à composer avec les situations en toute confidentialité!
Faites-lui faire une visite guidée de la communauté
Présentez-la aux membres et aux groupes de la communauté
Remettez-lui une trousse de bienvenue avec des cartes géographiques et des renseignements sur l’histoire et la situation actuelle de la communauté

Est-ce que l’infirmière/infirmier nouvellement diplômé dont vous vous occupez souffre du choc de la transition? Quels en sont les signes?

La majorité des infirmières et infirmiers nouvellement diplômés commencent à ressentir le choc de la transition une fois terminée la période d’orientation et de stage surnuméraire, quand la routine quotidienne s’installe.

Voici quelques signes courants auxquels il faut faire attention :

  1. Sentiments d’anxiété
  2. Peur d’échouer
  3. Sentiment d’incapacité et « syndrome de l’imposteur »
  4. Isolement
  5. Absence d’espoir
  6. Fatigue

Est-ce vrai que les infirmières « mangent leurs petits »?

L’expression « LES INFIRMIÈRES MANGENT LEURS PETITS » s’utilise couramment pour caractériser certaines interactions entre les infirmières chevronnées et novices. Il est intéressant de noter que pratiquement toutes les infirmières connaissent ce dicton. Ceci démontre que dans une certaine mesure, l’intimidation et le harcèlement ont été normalisés. La situation varie selon les unités et les groupes de pratique. La culture infirmière EST en train de changer, mais il y aura des défis à relever dans tous les milieux de travail – ce n’est pas simple de réunir des gens très différents les uns des autres de par leurs expériences, leurs mécanismes de défense, leurs problèmes personnels et leur personnalité. Si vous êtes victime d’intimidation ou de harcèlement, parlez-en à quelqu’un. La personne qui pose ces gestes n’en est pas nécessairement consciente et vous pourriez même l’aider en lui faisant savoir que son comportement vous gêne. Ensemble, nous pouvons changer les choses pour faire en sorte que « LES INFIRMIÈRES SOUTIENNENT LEURS PETITS! ».

 

Tâchez simplement de vous ancrer dans les objectifs fondamentaux des infirmières/infirmiers nouvellement diplômés, ce qui favorisera la persévérance.

  • Apprenez à connaître les rôles et responsabilités des infirmières/infirmiers novices;
  • Créez un système d’organisation de la charge de travail qui vous convient;
  • Apprenez à gérer votre temps dans le contexte d’une charge de travail dont la complexité augmente PROGRESSIVEMENT;
  • Apprenez les routines de votre milieu de travail;
  • Avec un collègue d’expérience, formateur ou mentor de confiance, faites le bilan des situations cliniques pour mieux comprendre les « schémas cliniques » et les relations entre ces schémas et les jugements qui en découlent;
  • Acquérez de l’assurance dans la mise en application des compétences fondamentales exigées du personnel infirmier dans le cadre de soins où vous travaillez;
  • Apprenez à travailler EN équipe – et apprenez à connaître VOTRE équipe;
  • Trouvez un équilibre entre votre vie personnelle et votre vie professionnelle;
  • Réapprenez à avoir du PLAISIR!

 

Tout commence par le bon état d’esprit.

Comment répondre aux besoins d’un personnel infirmier multigénérationnel?

Les générations évoluent, elles sont de plus en plus différentes les unes des autres et elles correspondent à des périodes de plus en plus courtes. Autrement dit, l’effectif infirmier commence à être de plus en plus diversifié. Pour la première fois dans l’histoire, cinq générations d’infirmières et infirmiers travaillent ENSEMBLE. Il faut reconnaître que chaque génération a ses propres besoins, sans tomber dans les stéréotypes, et tirer parti des qualités que chaque génération a à offrir.

On bâtit l’avenir en donnant un motif d’ESPOIR à la prochaine génération!

 Références

Christensen S., Wilson B., & Edelman L. (2018). Can I relate? A review and guide for nurse managers in leading generations. Journal of Nursing Management. 26(6), 689-695. doi: 10.1111/jonm.12601.

Duchscher, J., & Cowin, L. (2004). Multigenerational nurses in the workplace. Journal of nursing Administration, 34(11), 493-501. doi: 10.1097/00005110-200411000-00005

Comment aborder les conflits avec les autres?

Vu le dynamisme et l’importance des enjeux qui caractérisent les soins de santé, les prestataires de soins doivent apprendre à gérer les conflits avec les autres à mesure qu’ils avancent dans le métier. L’approche adoptée pour gérer les conflits déterminera si ce genre de situation peut devenir une occasion de croissance personnelle. Voici quelques conseils utiles sur ce plan:
 
  • Tâchez d’écouter l’autre personne et de comprendre son point de vue;
  • Donnez le bénéfice du doute à l’autre personne;
  • Faites attention de pas imputer d’arrière-pensées à la personne – vérifiez TOUJOURS directement auprès d’elle avant de «présumer» quoi que ce soit à propos de ses intentions;
  • Faites part de vos préoccupations à votre formatrice ou gestionnaire SEULEMENT SI vous n’arrivez pas à régler le problème directement avec la personne;
  • Demandez conseil à un mentor;
  • MISE EN GARDE ESSENTIELLE: Quand la sécurité des patients est menacée, vous devez signaler le problème immédiatement à un responsable!

Comment faire face à des situations qui remettent en cause vos valeurs?

C’est un aspect très épineux des soins infirmiers. Quand un contexte clinique remet en cause vos valeurs, tâchez d’abord de régler le problème avec les personnes directement impliquées, demandez l’avis d’une personneayant un niveau de responsabilité plus élevé (infirmière/infirmier d’expérience en qui vous avez confiance ou personne responsable de la formation ou de la coordination des soins dans l’unité) ou parlez de la question à un ami ou mentor. Utilisez les compétences en autoréflexion acquises pendant vos études pour déterminer la source de votre malaise et savoir si vous pouvez ou devez changer quelque chose dans votre vie personnelle ou professionnelle ou si le changement doit s’opérer au niveau de l’unité ou de l’institution. Si le fossé persiste entre une situation de travailet vos valeurs, vous pourriez devoir songer à faire un changement ou à en réclamer un là où vous travaillez. Soyez à l’affût des mécanismes de défensemésadaptés (insomnie, tristesse ou colère profonde, isolement par rapport à vos proches ou consommation de substances pour calmer votre angoisse) – s’il n’est pas réglé, le stress au travail peut vous envahir peu à peu et vous voler votre joie. Dans tous les milieux de travail, vous avez accès à des ressources de santé au travail – des praticiens compétents qui sont là pour vous aider à composer avec les situations en toute confidentialité!

Comment le phénomène de la migration infirmière affecte-t-il les infirmières et infirmiers?

La migration infirmière (changements de poste ou d’institution) est un des facteurs qui amplifient la pénurie de personnel infirmier au Canada. Le manque de postes à temps plein et de sécurité d’emploi incite des infirmières et infirmiers de la jeune génération à envisager de quitter le pays. Or, toute tendance qui empire la pénurie de personnel affecte L’ENSEMBLE des infirmières et infirmiers sur le terrain et peut réduire le soutien offert aux infirmières et infirmiers novices. Il importe de créer collectivement un environnement de soins de santé dans lequel l’ensemble des infirmières et infirmiers veulent travailler et rester.

Quelle est la différence entre l’assignation et la délégation d’un patient?

L’assignation suppose que vous collaborez avec un autre professionnel de la santé qui possède son permis d’exercice et travaille dans un champ de compétence qui engage sa responsabilité. SI vous « assignez » des soins, vous transférez la responsabilité et l’imputabilité des soins à la personne à qui vous confiez la tâche.
La délégation consiste à confier une tâche à une personne qui n’a pas de permis d’exercice et qui ne peut donc pas porter la responsabilité finale de l’exécution de cette tâche dans le cadre de son champ de compétence professionnelle. Dans ce cas, vous (la personne qui délègue) restez responsable et imputable du résultat de l’exécution de la tâche.

Quels sont les principaux obstacles au FEEDBACK?

Certains obstacles empêchent de donner un feedback efficace. L’un des principaux est le manque de TEMPS, qu’il s’agisse de ne pas avoir assez de temps pour donner du feedback ou de ne pas passer suffisamment de temps avec l’apprenant. Un autre obstacle est la crainte de nuire à la relation que vous commencez à développer avec cette personne en lui faisant des commentaires qui seront reçus comme une critique plutôt qu’un apport constructif. Or, la plupart du temps, cette crainte n’est pas fondée parce que la personne comprend que vous voulez l’aider à s’améliorer. Le feedback doit être bref mais ciblé; il doit être basé sur un geste observé et suivi de la suggestion d’un geste à poser pour corriger la situation. Il est difficile de se faire dire qu’on n’est pas parfait – et les infirmières et infirmiers nouvellement diplômés sont particulièrement sensibles à la critique puisqu’ils veulent avant tout vous IMPRESSIONNER. Commencez par leur dire ce qu’ils font de BIEN, mais seulement quand c’est vrai – les novices sentent quand on leur fait des compliments bidon. Évidemment, si vous observez une pratique NON SÉCURITAIRE, vous pourriez devoir intervenir! Demandez à la personne pourquoi elle s’apprête à agir de la sorte… aidez-LA à reconnaître le problème sans avoir à lui dire. Posez-lui des questions jusqu’à ce que ses réponses l’amènent à découvrir elle-même « l’erreur ». Il est préférable d’avoir ces conversations en privé.

Comment puis-je être une meilleure préceptrice infirmière?

Il faut un effort commun de la préceptrice et de la mentorée pour créer un environnement propice à l’apprentissage et à une communication ouverte. Le fait d’être préceptrice ne signifie pas qu’une infirmière nouvellement diplômée va faire votre travail. Vous avez plutôt la responsabilité d’ÉDUQUER et de SOCIALISER la nouvelle infirmière pour qu’elle développe son autonomie et sa pensée critique et devienne un membre précieux et respecté de l’équipe soignante! Pensez à ce que VOUS avez vraiment apprécié de votre propre préceptrice ou à une expérience que vous n’avez pas aimée et que vous voudriez éviter de faire vivre à quelqu’un d’autre. Une telle réflexion fera déjà de vous une meilleure préceptrice infirmière.

Quand le processus de transition vers le rôle professionnel commence-t-il?

Habituellement dès que l’infirmière/infirmier sort du cadre rassurant et prévisible du programme d’études en sciences infirmières, autrement dit lors du passage du stage final à l’orientation en milieu de travail. Ceci dit, souvent, les nouveaux diplômés se sentent encore « rassurés » à l’étape du jumelage ou de l’orientation parce qu’ils demeurent dans leur rôle d’apprenant. C’est lorsqu’ils doivent « voler de leurs propres ailes » qu’ils ressentent le poids de leur responsabilité. Plus longtemps vous faites durer le soutien, même à un niveau minimal, et plus lentement vous retirez ce filet de sécurité, moins l’infirmière/infirmier novice ressentira le choc de la transition.

Pourquoi les infirmières/infirmiers nouvellement diplômés semblent-ils faire preuve d’un excès de confiance?

Cet excès de confiance peut être trompeur. Pour se développer, les infirmières/infirmiers novices veulent se faire accepter – elles feront tout ce qu’il faut pour « appartenir » au groupe et se donneront un air confiant pour ne pas attirer indûment l’attention ou les critiques. Dans certains cas, elles compenseront leur sentiment d’insuffisance en projetant une image de compétence théorique – elles peuvent fort bien connaître la théorie, sans être capables de l’appliquer dans la « vraie » vie. N’oubliez pas que ce sont leurs connaissances théoriques qui leur ont permis de réussir leurs études depuis un certain nombre d’années. Voulant être respectées, elles cherchent à montrer ce qu’elles ont à offrir. Souvent, les infirmières/infirmiers chevronnés qui ont suivi cette courbe d’apprentissage abrupte à leurs débuts comprennent que les novices auront besoin de temps pour apprendre les complexités du métier. Prétendre connaître immédiatement toutes ces complexités constitue habituellement un mécanisme de défense chez les infirmières/infirmiers nouvellement diplômés qui craignent que leurs insuffisances ressortent sous le regard attentif de personnes compétentes. En créant un cadre où elles peuvent se tromper sans que cela ait de conséquence (surtout pour les patients), on les aidera à apprendre de ces expériences et à avancer dans la connaissance de la pratique.

Que pouvons-nous faire pour aider les infirmières/infirmiers nouvellement diplômés dans notre unité?

Cette aide prendra surtout la forme d’une communication et d’un soutien. En clarifiant les besoins et les priorités de l’infirmière/infirmier novice dès le début du quart de travail, il sera possible de déterminer ce que cette personne comprend et de quel soutien elle a besoin. En lui disant « viens me parler si tu as des questions », vous lui démontrerez qu’il est normal et bon de consulter des collègues pour prendre des décisions. En lui faisant connaître d’autres novices, vous l’aiderez à se sentir plus à l’aise en réalisant qu’elle n’est pas la seule à « ne pas savoir ». Souvent, les infirmières/infirmiers nouvellement diplômés possèdent une expérience pertinente ou spécialisée ou ont déjà travaillé dans le domaine de la santé. Elles ne partent PAS à zéro sur le plan personnel ou professionnel. Il faut donc interagir avec elles avec tact pour éviter que le soutien soit perçu comme un désir de les microgérer ou une marque de méfiance. Enfin, on peut leur donner un sentiment d’appartenance à l’unité en les intégrant aux conversations dans la salle de repos.

Quels sont les signes de difficultés chez les infirmières/infirmiers nouvellement diplômés?

Les difficultés peuvent se manifester de façon très différente d’une personne à l’autre. Certains signes avant-coureurs ne mentent pas, comme le fait de poser sans cesse les mêmes questions, les symptômes facilement observables de détresse émotionnelle, l’incapacité de prendre des pauses ou de partir à la fin du quart de travail, ou l’incapacité prolongée de reconnaître les situations urgentes ou d’y réagir. Certaines personnes vont exprimer leurs difficultés (parfois à outrance), tandis que d’autres vont les taire pour se protéger. Le moyen le plus sûr d’amener la personne à se confier est de l’entourer d’un cercle de confiance; la pire situation serait que l’infirmière/infirmier nouvellement diplômé ne se sente pas en sécurité, demeure sur ses gardes et fasse des erreurs (ou presque), faute d’avoir quelqu’un à qui parler. Dans la plupart des cas, un dialogue ouvert et confiant avec des collègues permet d’éviter ce genre de situation.

Pourquoi y a-t-il un tel clivage entre les infirmières/infirmiers novices et plus expérimentés?

Il est normal que les jeunes infirmières/infirmiers se sentent différents. Une foule de facteurs ont transformé les soins infirmiers ces dernières années. L’émergence de nouvelles technologies, procédures et professions de soins de santé s’est accompagnée de la restructuration des soins et de la priorisation sociopolitique des dépenses en santé. Les infirmières/infirmiers tâchent de répondre aux besoins des autres dans un contexte en perpétuelle évolution. Bien que cela puisse exiger un certain effort, les jeunes ont tout intérêt à puiser dans les connaissances et les expériences des générations précédentes. De fait, TOUTES les générations ont leurs points forts et leurs difficultés – l’important est de déterminer quels atouts chacune apporte au travail (de par la façon dont elle a été élevée et instruite), puis de voir comment chacune peut compenser ce que l’autre n’apporte PAS au travail. Soyez le Yin du Yang de vos collègues!

Devrais-je me sentir coupable de refuser un quart de travail à l’hôpital?

Pour dispenser des soins de manière responsable, vous devez obligatoirement tenir compte de vos propres limites. Dans un métier souvent exigeant, il est important d’évaluer votre bien-être personnel et de consacrer du temps à le préserver. Les infirmières/infirmiers nouvellement diplômés font souvent des heures supplémentaires en début de carrière, mais s’aperçoivent vite de la nécessité de trouver un équilibre entre le travail et la vie personnelle. Il s’agit d’un marathon, et non d’un sprint – le personnel infirmier n’a PAS à assumer seul les problèmes de charge de travail et de gestion des ressources humaines d’un établissement. Il est raisonnable d’accepter de faire un quart supplémentaire à l’occasion, mais les infirmières/infirmiers novices doivent soupeser le risque qu’un excès de travail fait peser sur leur acuité cognitive et leur capacité d’engagement et de mobilisation à long terme.

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Préparer l’avenir des soins infirmiers reconnaît que les infirmières et infirmiers du pays vivent et travaillent sur les terres de nos ancêtres autochtones et nous nous joignons à nos membres pour exprimer notre gratitude pour ce privilège.
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