Infirmier(ère)s nouvellement diplômé(e)s

Quelles sont les questions couramment posées lors des entrevues d’embauche?

  1. Comment gérez-vous le stress?
  2. Quels traits de caractère jugez-vous importants chez vos collègues?
  3. Parlez-nous d’une situation où vous avez fait preuve de compassion envers un patient.
  4. Parlez-nous d’une situation où vous avez fait face à un changement et de votre réaction.
  5. Vous rappelez-vous d’une situation difficile que vous avez vécue et de la façon dont vous l’avez gérée?
  6. Parlez-nous d’un conflit que vous avez eu avec un collègue. Quelle était la nature du conflit et comment a-t-il été réglé?
  7. Qu’est-ce qui fait de VOUS la meilleure personne pour occuper ce poste et pourquoi voulez-vous travailler ICI?

Quelles compétences attend-on de moi à mes débuts dans la profession?

Pour commencer, ne vous en faites pas si vous n’avez pas maîtrisé toutes les compétences pratiques. Vous aurez l’occasion de vous exercer dans le cadre de vos tâches. La personne qui vous oriente s’attendra à ce que :

  1. Vous vouliez apprendre;
  2. Vous compreniez le POURQUOI de ce que vous faites;
  3. Vous posiez des questions si vous ne savez pas quelque chose;
  4. Vous puissiez administrer des médicaments en toute sécurité – en sachant CE qu’ils sont, POURQUOI ils sont donnés au patient, QUAND les interrompre et QUOI surveiller pendant que le patient les reçoit. On s’attendra aussi à ce que vous révisiez votre manuel de pratiques liées aux médicaments pour préparer et administrer certains médicaments de façon sécuritaire;
  5. Vous vouliez aider votre équipe quand vous estimez avoir le temps de le faire – vous montrez ainsi que vous avez l’esprit d’équipe et que vos collègues peuvent compter sur vous, et c’est la meilleure façon d’apprendre et d’être exposé à davantage de situations!

À quoi doivent s’attendre les infirmières et infirmiers nouvellement diplômés qui amorcent leur vie professionnelle au sein d’un personnel accablé par la pandémie de COVID-19?

La crise sanitaire mondiale actuelle a déstabilisé les milieux de travail dans lesquels les nouveaux membres de la profession font leur entrée. La transformation rapide et spectaculaire des besoins et des attentes est accablante dans bien des cas et exerce une pression sans précédent sur les praticiens de première ligne. Les infirmières et infirmiers novices vont volontiers au front pour aider à soigner les patients, mais les conditions exceptionnellement difficiles que nous vivons exacerbent les défis qui vont avec le fait d’assumer pour la première fois les responsabilités d’une pratique professionnelle. Ils ont besoin du soutien et du savoir des infirmières et infirmiers en exercice, mais ces derniers sont surmenés par une charge de travail accrue et stressés par les traumatismes dont ils sont témoins au quotidien dans leur vie professionnelle et personnelle. Nous voulons réduire le plus possible les risques à long terme d’une transition traumatisante. Les infirmières et infirmiers nouvellement diplômés ont besoin d’outils de soutien. Heureusement, vous êtes au bon endroit! L’initiative Préparer l’avenir des soins infirmiers  crée un réseau de soutien pour les infirmières et infirmiers nouvellement diplômés qui entament leur carrière professionnelle.

Quand vais-je me sentir tout à fait à l’aise dans mon rôle d’infirmière/infirmier?

Il faut au moins six mois pour trouver vos marques!!! L’intégration dans la pratique professionnelle EXIGE de la pratique – trouvez un ENVIRONNEMENT SÉCURISANT où mettre en pratique vos fondamentaux pour qu’après quelques mois, vous puissiez voir au-delà de CE que vous faites et expliquer POURQUOI vous le faites – ne vous attendez pas à trop réfléchir au POURQUOI de ce que vous faites pendant au moins quatre mois, surtout si vous devez réagir à de nombreuses situations nouvelles pour vous. Au premier stade de la transition, votre objectif principal sera de connaître les gens avec qui vous travaillez, de comprendre les politiques et méthodes, de savoir de quelles ressources vous disposez et où les trouver, de saisir ce qu’on attend de vous et d’apprendre à vous acquitter de votre rôle et de vos responsabilités « sans tuer personne »

En quoi consiste la prime de quart?

La prime de quart est le supplément de rémunération versé aux employés qui travaillent en dehors du lundi au vendredi de 8 h à 17 h. Certains établissements de santé sont ouverts à l’année longue 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et doivent disposer d’un personnel suffisant à l’extérieur du quart de jour régulier. De nombreux hôpitaux paient des primes de nuit et de week-end. Vous pouvez aussi toucher une prime en assumant des responsabilités supplémentaires comme celles d’infirmière responsable.

Quels sont les différents types d’horaires offerts dans la profession infirmière?

Selon le poste que vous obtenez, vous pouvez avoir un horaire à temps plein ou à temps partiel. On distingue également les postes permanents, temporaires et occasionnels. Tous ces types d’emploi ont leurs avantages, selon votre situation.

    • Permanent à temps plein : Ces postes sont habituellement les plus recherchés par les finissants qui ont besoin d’argent, notamment pour rembourser leurs dettes souvent élevées. Ce statut vous garantit un travail à temps plein habituellement assorti d’un horaire de quarts prévisible, en plus des avantages sociaux et de l’assurance d’un poste permanent. L’équivalent d’un horaire à temps plein différant selon les pays, vérifiez ce qu’il est auprès de votre agence de placement.
    • Temporaire à temps plein : Ces postes sont avantageux si vous voulez travailler à temps plein mais qu’il n’y a pas de postes permanents disponibles. Il s’agit la plupart du temps d’affectations de longue durée (souvent un an), fréquemment en remplacement d’une personne en congé « temporaire » de maternité, de maladie ou autre. Vous n’aurez pas nécessairement droit à des avantages sociaux (régime de retraite, assurance maladie et dentaire) aussi rapidement que dans un poste permanent; renseignez-vous à ce sujet auprès des ressources humaines.
    • Temps partiel : Les offres d’emploi précisent le nombre de quarts offerts par rotation. Demandez toujours au gestionnaire de l’unité s’il est possible d’ajouter des quarts à l’horaire ou des affectations occasionnelles.
    • Occasionnel/Relève/Agence : S’il n’y a pas d’emploi offert dans le secteur où vous désirez travailler, mais que vous voulez « mettre un pied dans la porte », vous pouvez accepter du travail occasionnel ou un poste de relève, ou encore vous inscrire à une agence externe qui fournit du personnel à l’établissement qui vous intéresse. Cette formule peut très bien vous convenir si vous êtes adaptable et n’avez pas de problème avec un horaire de travail imprévisible. Attention cependant – il est TRÈS DIFFICILE de planifier sa vie quand on travaille beaucoup selon une formule occasionnelle. Par contre, c’est VOUS qui décidez des quarts que vous acceptez et refusez.

Comment gérer un code bleu?

  • Soyons francs – il n’y a pas de CODE FACILE. Chacune de ces situations est différente, stressante et imprévisible. Attendez-vous à avoir peur, à hésiter sur la marche à suivre et à oublier quelque chose ou à faire quelque chose dans le désordre – LA MAJORITÉ DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS ÉPROUVENT CES SENTIMENTS à moins de répondre quotidiennement à des codes;
  • Une formation en soins avancés en réanimation cardiorespiratoire (SARC-ACLS), soins avancés en réanimation pédiatrique (SARP-PALS) ou soins intermédiaires en réanimation (ILS) vous aidera à savoir quoi faire lors d’un code. Ces programmes de certification (souvent payés par l’employeur) vous font vivre des « mégacodes » qui simulent des situations réelles; renseignez-vous auprès de votre gestionnaire;
  • Si vous ne pouvez suivre des cours en soins avancés en réanimation, demandez à l’éducatrice clinique ou à votre gestionnaire d’organiser un « simulacre de code » pour vous et les autres infirmières et infirmiers de l’unité – veillez à avoir l’occasion de « tomber » sur la situation (sans savoir d’avance ce qui s’en vient) pour vous exercer à réagir comme il faut;
  • Pour bien gérer un code bleu, l’infirmière/infirmier doit évaluer le patient, activer le code, exercer la compression thoracique, communiquer l’information clinique et la partager avec l’équipe, surveiller et consigner le déroulement de la procédure.

Qu’entend-on par professionnalisme dans les soins infirmiers?

Le professionnalisme infirmier est une notion complexe. Souvent identifié au respect de normes, d’un code de conduite ou de compétences qui caractérisent les « meilleures » pratiques (fondées sur des données probantes) dans un domaine d’activité, le professionnalisme se rapporte aussi au comportement adopté dans l’application des compétences et des connaissances. Le professionnalisme signifie que vous comprenez votre rôle de soignant ou de membre d’une équipe interprofessionnelle de soins de santé et que vous réalisez l’influence de vos gestes sur l’expérience vécue par les patients et par vos collègues.

Avez-vous des conseils sur la façon de remplir les fiches de prise en charge des patients?

« Si ce n’est pas écrit sur la fiche, ce n’est pas arrivé » - vous avez sans doute entendu cela plusieurs fois. Or, c’est VRAI. S’il y a un moment où les détails de la condition d’un patient sont importants, c’est MAINTENANT. Vos fiches seront certainement étudiées pour reconstituer ce qui s’est passé si un problème survient avec un de vos patients. Voici quelques conseils sur la façon de remplir les fiches :

 

SUJET – objet/raison de la note (p. ex., modification soudaine du niveau de conscience);

DONNÉES – texte donnant des renseignements subjectifs et objectifs;

ACTION – qu’avez-vous fait devant cette situation? C’est là que vous documentez votre intervention (p. ex., vous avez avisé le médecin, administré un analgésique);

RÉACTION – comment le patient a-t-il réagi à votre intervention?

  • Incluez des données subjectives et objectives (dans la mesure du possible, transcrivez les mots du patient/de son proche);
  • Limitez le plus possible le dédoublement des fiches/de la documentation – renvoyez à d’autres formulaires dans vos notes infirmières;
  • Si vous rédigez vos fiches à la main, assurez-vous qu’elles sont lisibles et authentifiez-les par vos initiales/votre signature et votre titre professionnel;
  • Remplissez la feuille de signature du patient pour démontrer que vous avez pris part à ses soins;
  • Documentez vos soins/les incidents aussitôt que possible (même sur un carnet de notes dans votre poche avant que vous puissiez remplir la fiche);
  • Documentez les faits par ordre chronologique – si vous DEVEZ inscrire quelque chose plus tard, indiquez « inscription tardive »;
  • Documentez tous les ordres verbaux ou téléphoniques des médecins – répétez l’ordre pour en vérifier l’exactitude et renseignez-vous sur les politiques de votre unité/établissement concernant les ordres donnés de vive voix ou par téléphone;
  • Votre documentation ayant valeur juridique, vous ne pouvez rien effacer! SI vous avez fait une erreur, biffez-la, inscrivez le mot « erreur » à côté et apposez vos initiales. Autrement, écrivez au stylo! Certains établissements prescrivent la COULEUR de l’encre à utiliser; sinon, le noir est préférable puisqu’il ne s’estompe pas.

En tant qu’étudiante ou infirmière arrivant dans une communauté autochtone, comment puis-je apprendre à respecter les peuples autochtones et à m’adapter à leur culture?

Que vous soyez aux études ou membre du personnel infirmier, vous pourrez poser des questions à un directeur ou un coordonnateur clinique dans le cadre de votre orientation avant d’arriver à cet endroit, notamment pour savoir quelles communautés culturelles sont desservies par votre établissement. Vous pouvez aussi interroger vos collègues sur l’intégration de connaissances culturelles respectueuses (y compris la langue locale) dans votre pratique. Dans certaines régions, il existe des documents d’orientation visant à accroître la sécurité culturelle des communautés avec lesquelles vous allez interagir. Il vaut la peine de faire quelques recherches sur la région, pour vous renseigner sur les peuples et l’histoire des territoires traditionnels où vous travaillez. De plus, vous devez toujours faire preuve d’humilité envers les cultures autochtones (et toutes les cultures d’ailleurs) – demandez-LEUR de vous « enseigner » quelques mots qui vous aideraient à les aider. Conservez un carnet d’expressions culturellement adaptées pour mieux retenir leur prononciation. Demandez aux personnes dont la culture ne vous est pas familière s’il y a des traditions ou des pratiques que vous pourriez inclure dans leurs soins.

 

Je suis une infirmière nouvellement diplômée et je veux passer l’examen NCLEX en français. Quelles sont les ressources à ma disposition pour me préparer à l’examen et pour le passer?

Il existe davantage de ressources en anglais pour l’instant. Cependant, le Plan d’examen et le Cours de révision duNCSBN constituent d’excellentes ressources à consulter en français.

Je suis une nouvelle diplômée francophone. Devrais-je passer l’examen d’admission à la profession infirmière NCLEX en français ou en anglais?

Excellente question. C’est une décision très difficile à prendre. En bout de ligne, peu importe ce que vous avez entendu au sujet de la version française du NCLEX, ce serait une bonne idée de passer l’examen dans la langue dans laquelle vous êtes le plus à l’aise. Quand vous aurez pris votre décision, ne la remettez pas en question et utilisez les ressources à votre disposition dans la langue que vous avez choisie.

 

Puis-je refuser de m’occuper d’un patient qui tient des propos à caractère racial? Quelles sont mes options et à qui dois-je m’adresser dans une telle situation?

Les infirmières et infirmiers sont protégés par la Loi canadienne sur les droits de la personne (la Loi). La Loi définit le harcèlement comme « tout comportement inopportun et offensant d’une personne envers une autre personne en milieu de travail ». Les comportements offensants comprennent les actes, propos et exhibitions discriminatoires. Ainsi, le fait qu’un patient/client tienne des propos à caractère racial envers une infirmière ou un infirmier constitue du harcèlement.

La Loi précise que le comportement doit être répétitif pour constituer du harcèlement. Autrement dit, le patient/client doit tenir des propos à caractère racial plus d’une fois. Si vous avez demandé à un patient/client de ne PAS tenir de propos à caractère racial et qu’il continue de le faire, vous avez le droit de refuser de vous en occuper. Ceci dit, un acte unique de racisme peut constituer du harcèlement s’il est assez grave pour avoir des effets importants et durables sur l’infirmière ou l’infirmier.

En plus de la Loi, les infirmières et infirmiers du Canada bénéficient de la protection du Règlement sur la prévention du harcèlement et de la violence dans le lieu de travail, qui précise ce qu’est un « lieu de travail », ce que sont les actes de harcèlement et en quoi consiste l’obligation de l’employeur de s’assurer que le lieu de travail est psychologiquement sécuritaire.

Si un patient tient des propos à caractère racial, la première étape consiste à vous adresser à votre infirmière surveillante/infirmier surveillant pour discuter de la possibilité que cette personne soit confiée à quelqu’un d’autre. Vous pouvez également communiquer avec votre syndicat et votre organisme de réglementation.

Références:

Loi canadienne sur les droits de la personne
S’agit-il de harcèlement? Outil au service des employés
Règlement sur la prévention du harcèlement et de la violence dans le lieu de travail

Devrais-je d’abord travailler en ville ou aller directement en milieu rural ou éloigné si tel est mon objectif ultime?

Tout dépend du contexte. FAITES BIEN VOS RECHERCHES. Tenez compte du degré d’éloignement. Un hôpital de taille moyenne dans un milieu rural pas trop éloigné est un cadre de travail idéal pour les nouveaux diplômés parce que vous y acquerrez une expérience très variée et pourrez apprendre auprès d’infirmières qui ont une grande expérience du milieu rural. Nous vous recommandons (et c’est d’ailleurs parfois exigé) de travailler quelques années dans un établissement mieux doté en ressources et plus à même de vous appuyer, avant de vous installer dans une localité vraiment éloignée où vous disposerez d’un soutien plus limité.

Comment trouver un emploi en milieu rural?

Pour commencer, les autorités régionales de santé annoncent plusieurs postes à combler. Autre avantage, bien des organismes gouvernementaux et sans but lucratif offrent des programmes incitatifs pour faire carrière dans ce domaine. De plus, dans certaines régions, vous pouvez chercher un emploi dans le cadre de programmes de suppléance pour infirmière autorisée/auxiliaire assortis d’une affectation d’une durée minimum. N’oubliez pas que vous aiderez une communauté mal desservie.

Après mes études de base en sciences infirmières, de quelle formation ai-je besoin pour faire le saut vers les soins infirmiers en milieu rural ou éloigné?

Commencez par faire une recherche sur l’endroit qui vous intéresse et lisez quelques affichages externes de poste pour connaître le résumé des tâches et les qualifications obligatoires ou recommandées. Il n’y a pas de certification propre aux soins infirmiers en milieu rural, mais différentes certifications peuvent être PERTINENTES dans ce domaine. Pensez à la gamme spécialiste-généraliste : soins immédiats en réanimation, réanimation cardiorespiratoire, réanimation avancée en pédiatrie, cours de base de soins infirmiers en traumatologie, programme de gestion efficace des risques obstétricaux, programme de réanimation néonatale, etc. Dans des cadres de soins primaires, l’agrément à titre d’éducateur en diabète est utile, mais il faut habituellement posséder de l’expérience dans ce domaine avant de passer cet examen. Plusieurs de ces cours sont offerts à distance par des collèges un peu partout au pays.

Que faire en cas de blessure survenant sur les lieux de travail?

Familiarisez-vous avec les mesures à prendre si un employé, un patient ou un visiteur a besoin de premiers soins sur place. L’algorithme de votre site de travail devrait être affiché dans une aire commune du personnel pour consultation rapide. S’il ne l’est pas, demandez où vous pouvez trouver cette information. Vous pourriez proposer que ces renseignements soient affichés dans un lieu central pour des raisons de sécurité, à titre d’idée d’amélioration de la qualité du milieu de travail.

Est-ce que les infirmières/infirmiers nouvellement diplômés devraient accepter n’importe quel emploi offert ou attendre de trouver le bon?

Quand vous évaluez les emplois offerts, ne vous demandez pas s’ils correspondent absolument à vos objectifs à long terme, mais plutôt s’ils vous permettront d’ACQUÉRIR QUELQUE CHOSE qui vous sera utile par la suite. Dans notre métier, certains milieux de soins permettent d’apprendre des compétences qui ne sont pas autant utilisées ailleurs – pendant la première année, absorbez tous les apprentissages comme une éponge. Pour ce qui est des domaines dans lesquels vous aspirez à travailler (p. ex., urgence, soins critiques, obstétrique à haut risque, etc.), parlez à des infirmières spécialisées et demandez-leur quelles compétences et expériences pratiques vous devriez acquérir pour vous préparer à œuvrer dans ces spécialités. Il y a plusieurs autres facteurs à considérer dans le choix d’un emploi, comme l’endroit où vous habitez, les postes offerts et votre situation financière. Pensez à ce qui est le mieux pour vous, mais pensez à long terme!

Avez-vous des conseils utiles à donner aux infirmières/infirmiers nouvellement diplômés qui débutent leur orientation?

- Renseignez-vous sur les diagnostics les plus courants dans votre unité et les médicaments qui y correspondent – retenez comment ils sont reliés. En révisant cette information AVANT d’arriver dans l’unité, vous vous sentirez plus en confiance; 

- Déterminez les cinq compétences clés que vous devrez exercer dans cette unité – passez une semaine à effectuer TOUTES ces tâches pour les infirmières jusqu’à ce que vous puissiez les faire en dormant;

- DEMANDEZ ENCORE ET ENCORE! Personne ne s’attend à ce que vous ayez réponse à tout. En fait, personne ne peut tout savoir dans notre profession. Donc, posez autant de questions qu’il le faut durant votre orientation afin de bien vous préparer à travailler par vous-même; 

- Ayez sur vous un carnet dans lequel vous noterez les points clés que vous apprenez durant l’orientation. Ainsi, vous aurez une référence à consulter avant de devoir poser une question à un membre de l’équipe. Révisez vos notes tous les jours et constituez-vous progressivement un « petit livre noir » (peut-être sur votre téléphone) des renseignements importants sur l’unité/le personnel/l’emplacement des choses/les processus et protocoles courants/les médicaments fréquemment administrés, etc.;

- Si vous pensez avoir besoin de quelques quarts supplémentaires d’orientation, discutez-en avec votre formatrice, préceptrice ou mentor et prenez rendez-vous avec votre gestionnaire pour en faire la demande. Vous pouvez expliquer ce que vous désirez accomplir et votre gestionnaire devrait vouloir investir dans votre réussite.

Quand je pars en pause, quelle information dois-je donner à l’infirmière/infirmier qui me remplace?

Vous voulez que cette personne puisse rapidement aider votre patient si quelque chose survient. Il est préférable de lui faire part du diagnostic, du statut du code, de l’état mental, du niveau de mobilité/activité, du régime alimentaire, des solutés, des signes vitaux anormaux qui se sont stabilisés et de tout ce qu’il faut surveiller et faire d’autre à propos du patient. Dites-lui ce qui vous inquiète le PLUS au sujet de ce patient.

Quelles questions utiles pourrais-je poser à l’infirmière/infirmier qui me remet son rapport de relève pour mieux me préparer à mon quart de travail?

Il est souvent utile de poser des questions sur des éléments du rapport de relève qui n’ont pas été réglés. Plus vous en savez, mieux vous pourrez soigner votre patient.
- « Quel est votre principal souci à l’égard de ce patient maintenant? »
- Le patient est-il alerte et lucide?
- Y a-t-il des barrières de communication avec le patient ou sa famille?
- Le patient a-t-il des visiteurs essentiels?
- Comment le patient se déplace-t-il? Y a-t-il un risque de chute? Si oui, a-t-on mis en place des mesures de prévention des chutes?
- S’agit-il d’un patient en télémétrie ou d’un patient non monitoré? Quels étaient les DERNIERS signes vitaux du patient?
- Y a-t-il des instructions à exécuter?
- Le patient présente-t-il des blessures/incisions – quand doit-on procéder au prochain changement de pansement?
- Comment le patient prend-il ses médicaments? Y a-t-il un risque d’aspiration?
- Le patient ressent-il de la douleur? Comment contrôlons-nous la douleur? Quand la prochaine dose doit-elle être administrée?
- Le patient reçoit-il des antibiotiques par intraveineuse? Quand la prochaine dose doit-elle être administrée?
- Le patient doit-il passer des tests qui exigent de ne rien lui administrer par voie orale?
- Le patient a-t-il signé un consentement éclairé (p. ex., le patient reçoit un produit sanguin ou attend une chirurgie)?
- Y a-t-il autre chose que je devrais savoir?

Comment puis-je remettre un bon rapport de relève?

Les rapports de relève sont l’une des choses les plus stressantes pour les infirmières/infirmiers novices parce que vous ne voulez ni omettre de renseignements importants, ni donner trop ou trop peu d’information. Dans la littérature scientifique, le rapport de relève de l’infirmière de chevet est défini comme un processus de transmission de renseignements vitaux et de passation de responsabilité et d’imputabilité à l’égard d’un patient entre l’infirmière qui quitte et celle qui arrive, de façon à assurer la continuité des soins et la prestation des meilleures interventions cliniques en toute sécurité. Ce rapport est remis à la fin d’un quart ou durant le quart à l’infirmière/infirmier qui prendra LA RELÈVE du patient. Pour établir ce rapport, la majorité des infirmières/infirmiers utilisent la technique SAER qui est fortement recommandée. SAER signifie : 

S = Situation
A = Antécédents
E = Évaluation
R = Recommandation

La technique SAER est utilisée en soins infirmiers pour faciliter la communication des détails pertinents sur la condition d’un patient au sein de l’équipe interdisciplinaire. De plus, elle est très utile pour communiquer durant des situations critiques qui exigent une réaction immédiate du médecin. Pour n’oublier aucun renseignement essentiel, on recommande d’adopter une approche fondée sur les systèmes (p. ex., pour commencer, psychosocial : durant la nuit, le patient a ressenti une forte douleur qui a été soulagée par ______, puis inclure/omettre les « systèmes » selon que vous ayez ou non quelque chose à partager à ce sujet).

Quels sont les principaux faux pas que les infirmières/infirmiers nouvellement diplômés commettent au début de leur transition dans un rôle professionnel?

Souvent, les infirmières/infirmiers nouvellement diplômés ont du mal à :
- Réfléchir de façon critique aux situations parce qu’elles/ils se concentrent sur les « soins » aux patients et les compétences et tâches que cela exige;
- Répartir leur temps entre des patients présentant des priorités concurrentes;
- Équilibrer leur vie – trop s’en mettre sur les épaules sur le plan personnel et professionnel (p. ex., faire trop d’heures supplémentaires et ne pas se donner le temps de souffler entre les quarts et de réfléchir à sa pratique);
- Conserver leur énergie tout au long des étapes de la transition – rappelez-vous que la transition exige BEAUCOUP d’énergie, notamment à la première étape (1 à 4 mois) – vous devez vous préparer à ce niveau d’épuisement;
- Comprendre la différence entre le statut « professionnel » et celui « d’étudiant » – les diplômés deviennent des représentants visibles de la profession et doivent donc faire preuve de discernement avant de publier des renseignements sensibles dans les médias sociaux (non seulement des renseignements à propos des patients, mais aussi des propos prêtant à controverse);
- Savoir quand se servir de leur technologie personnelle (comme les téléphones cellulaires) au travail;
- Maintenir des rapports professionnels au travail sans se mêler des commérages/conflits personnels au sein de l’unité – pensez à la façon dont vous vous sentiriez si on parlait de VOUS de cette façon.

Le fait que les stages de dernière année aient été abrégés en raison de la COVID-19 compromettra-t-il mes chances d’obtenir un emploi une fois mon diplôme obtenu?

Vous avez peut-être entendu dire que bien des infirmières et infirmiers nouvellement diplômés devaient attendre plus longtemps que prévu avant de trouver un premier emploi. Cependant, la pandémie n’a fait qu’exacerber la pénurie chronique de personnel infirmier, de sorte que la situation pourrait avoir changé. La perte d’un certain nombre d’heures de stage peut sembler énorme, mais rien n’indique qu’elle nuira à vos demandes d’emploi futures. Après la mise en veilleuse des stages cliniques, les professeurs de sciences infirmières ont travaillé à trouver des solutions en ligne pour que les étudiantes/étudiants acquièrent les compétences requises pour obtenir leur diplôme. Vous aurez donc satisfait aux exigences de votre école infirmière et vous devriez recevoir la confirmation que vous avez complété votre programme d’études. Continuez tout simplement à évaluer vos forces et vos faiblesses dans VOTRE PRATIQUE et demandez une aide directe. Si vous n’avez pas eu l’occasion de vous exercer en « face à face » (et avez plutôt appris par simulation et en laboratoire), préparez-vous à ce que votre expérience de transition puisse être plus longue et plus stressante – parlez à votre formatrice des attentes réalistes quant à votre rendement et à votre progression.

Souffrez-vous du choc de la transition? Quels en sont les signes?

La majorité des infirmières et infirmiers nouvellement diplômés commencent à ressentir le choc de la transition une fois terminée la période d’orientation et de stage surnuméraire, quand la routine quotidienne s’installe.
Voici quelques signes courants auxquels il faut faire attention :
1. Sentiments d’anxiété
2. Peur d’échouer
3. Sentiment d’incapacité et « syndrome de l’imposteur »
4. Isolement
5. Absence d’espoir
6. Fatigue

Pourquoi les gens disent-ils que nous sommes maintenant dans le « monde réel »?

Vous avez passé quatre ans à lire, apprendre et vous exercer à l’école de sciences infirmières. Jusqu’à un certain point, ce mode d’apprentissage vous « protégeait » – mais une partie de ce qu’il faut savoir pour exercer efficacement notre métier ne s’enseigne pas à l’école. Soudain, vous avez votre permis d’exercice et vous travaillez dans un cadre où vous pouvez moins contrôler QUI vous soignez et CE DONT vous êtes responsable. La plupart du temps, le « monde réel » est différent de ce que vous aviez connu par ce qu’on insiste maintenant sur la performance plutôt que l’apprentissage. Par exemple, il est possible que vous ayez appris une façon de pratiquer une intervention à l’école et que vous deviez faire autrement au travail (parce que les politiques de soins diffèrent d’un établissement à l’autre ou que des règles de sécurité dictent une autre façon de procéder). Par ailleurs, on s’attend à ce que les infirmières et infirmiers fassent appel aux connaissances et aux compétences cliniques les plus récentes pour dispenser des soins centrés sur les clients. Puisque vous sortez de l’école, vous possédez ces connaissances à jour. Cependant, ce n’est pas nécessairement le cas dans le « monde réel » – où les façons de faire gagneraient parfois à être actualisées. Si vous observez une pratique dépassée, parlez-en à votre formatrice en lui communiquant des données probantes susceptibles de faire progresser les façons de travailler.

Comment surmonter le trac avant un quart de travail?

Bien des infirmières et infirmiers novices (et parfois expérimentés!) éprouvent de l’anxiété avant de débuter leur quart de travail. Nous voulons vous aider à apprendre à composer avec ces sentiments et émotions! Rappelez-vous que vous êtes en sécurité et que vous pouvez compter sur d’autres personnes. Voici quelques idées valables à la fois pour les quarts de jour et de nuit. La préparation mentale nous rend confiants et optimistes. 

- Si vous avez fait face à une situation déconcertante ou particulièrement difficile durant votre dernier quart, révisez la théorie qui s’y rapporte ou parlez à une infirmière plus expérimentée de ce que vous auriez pu faire autrement. Ainsi, vous vous sentirez plus à même de gérer une telle situation la prochaine fois qu’elle surviendra.

- Prenez le temps de respirer profondément pendant que vous vous rendez au travail; ceci vous permettra de mieux vous concentrer.

- Couchez-vous à l’heure prévue avant un quart pour bénéficier d’un repos suffisant.

- Arrivez au travail environ 15 minutes avant le début du quart pour ranger vos affaires et prendre connaissance de votre affectation.

- Remémorez-vous une situation où vous avez été FIÈRE/FIER de ce que vous avez fait. Ce dialogue intérieur positif mène à une meilleure estime de soi. 

- Durant vos premiers mois de travail, tâchez de trouver quelqu’un que vous pouvez texter ou appeler si vous faites face à une situation qui vous dépasse – ce pourrait être une infirmière expérimentée ou une autre infirmière nouvellement diplômée.

Veuillez nous faire savoir ce que vous faites pour surmonter l’anxiété avant le début de vos quarts de travail. Laissez cette information dans la boîte aux questions pour en faire profiter les autres infirmières et infirmiers qui ont le même problème.

Que faire en présence d’une pratique sous-optimale?

Voici un exercice à faire : Identifiez 4 VALEURS qui vous tiennent à cœur sur le plan de votre pratique et de votre professionnalisme. Exemples :
o Humilité
o Force
o Courage
o Responsabilisation
o Respect
o Plaidoyer
o Soutien
o Engagement
o Équité
o Inclusivité
o Sécurité culturelle
o Compétence culturelle
o Accessibilité
o Résilience

RETIREZ deux de ces valeurs, en gardant les deux que vous désirez respecter le plus dans votre pratique. Ensuite, bien que ce soit difficile, retirez une de ces deux valeurs….. LA VALEUR qui reste constitue votre priorité absolue, à laquelle vous devez donc vous attacher fermement. Alors que vous avancez dans la pratique, assurez-vous que cette valeur transparaît dans tout ce que vous faites. Par exemple, s’il s’agit du respect des autres – veillez à ce que toutes vos interactions avec les collègues, patients, familles et communautés soient empreintes de respect afin d’en retirer un sentiment d’intégrité qui fera votre fierté. Nos valeurs étant ce qui nous tient le plus à cœur, leur érosion mine notre joie, notre assurance et, en bout de ligne, notre identité.

Quels sont les facteurs FAVORABLES et DÉFAVORALES au développement de la résilience chez les infirmières et infirmiers novices?

Le concept de résilience a fait l’objet de recherches sérieuses et constitue un des facteurs qui favorisent une transition harmonieuse, la satisfaction professionnelle et une longue carrière. Le tableau ci-dessous résume les recherches de Wahab, Ang et Lopez (2017) et les principaux facteurs qui influent sur le développement de la résilience personnelle. 
Référence
Wahab, S., Mordiffi, S, Ang, E. & Lopez, V. (2017). Light at the end of the tunnel: New graduate nurses’ accounts of resilience: A qualitative study using photovoice. Nurse Education Today, 52, 43-49. doi: 10.1016/j.nedt.2017.02.007

Quand le processus de transition vers le rôle professionnel commence-t-il?

Habituellement dès que l’infirmière/infirmier sort du cadre rassurant et prévisible du programme d’études en sciences infirmières, autrement dit lors du passage du stage final à l’orientation en milieu de travail. Ceci dit, souvent, les nouveaux diplômés se sentent encore « rassurés » à l’étape du jumelage ou de l’orientation parce qu’ils demeurent dans leur rôle d’apprenant. C’est lorsqu’ils doivent « voler de leurs propres ailes » qu’ils ressentent le poids de leur responsabilité. Plus longtemps vous faites durer le soutien, même à un niveau minimal, et plus lentement vous retirez ce filet de sécurité, moins l’infirmière/infirmier novice ressentira le choc de la transition.

Quels sont les facteurs qui influencent l’expérience de transition des infirmières/infirmiers novices?

La majorité des infirmières/infirmiers nouvellement diplômés abordent la pratique professionnelle dans l’environnement dynamique, trépidant et relativement implacable des soins aigus :

1) les patients en soins aigus présentent un profil clinique plus complexe et sont généralement plus malades qu’ils ne l’ont jamais été;

2) les ressources de soins à la disposition des infirmières/infirmiers n’ont pas évolué au même rythme que les exigences du travail infirmier;

3) les infirmières/infirmiers novices ne sont pas pleinement préparés à travailler en équipe; ainsi, leur familiarité avec la délégation des tâches, la supervision du personnel non titulaire de permis et la collaboration avec leurs collègues infirmières et professionnels de la santé alliés est extrêmement limitée;

4) les étudiantes/étudiants n’ont pas appris à intégrer systématiquement les indices de santé des populations dans les soins aux patients (ainsi, la majorité des patients admis aux soins aigus sont des personnes âgées, mais les enjeux liés à la gérontologie – comme le risque de déshydratation chez les aînés – ne sont pas pleinement pris en compte dans la planification quotidienne des soins qui leur sont dispensés);

5) la formation infirmière met de plus en plus l’accent sur les soins de santé primaires, tandis que le cadre de travail dans lequel se retrouvent les infirmières/infirmiers novices repose encore sur un modèle biomédical consistant à soigner des « maladies », où le travail infirmier est axé sur le faire plutôt que le connaître; ET

6) la variété des champs de pratique infirmière et la primauté du pouvoir sur la valeur prédisposent les infirmières/infirmiers à la concurrence plutôt qu’à la collaboration pour optimiser les soins aux patients.

Les facteurs qui influencent la transition des infirmières/infirmiers novices sont la stabilité, la constance, la prévisibilité et la familiarité. La stabilité se rapporte à ce qui est peu susceptible de changer ou de se détériorer dans votre vie personnelle et professionnelle. Si votre vie au travail est moins stable, vous voudrez compenser par plus de stabilité dans votre vie personnelle. Les patients gravement malades, qui exigent de prendre des décisions de haut niveau ou de résoudre des problèmes complexes ou dont l’état est instable et peut changer rapidement, ne constituent pas une clientèle idéale pour des infirmières/infirmiers débutants. La constance est le fait d’être exposé à des événements/situations/concepts/idées semblables qui mènent à la familiarité et à la prévisibilité. D’un point de vue purement logique, on définit la constance comme ce qui est exempt de contradictions ou de différences significatives. Changer d’unité ou d’hôpital toutes les semaines ne vous procurera pas cette constance. La familiarité survient lorsque vous vous dites : « j’ai déjà vu une telle situation » et peut-être même « … et je sais exactement quoi faire dans ce cas ». Ainsi, les étudiantes/étudiants de dernière année qui travaillent ou font leur stage final dans l’unité où elles prévoient entreprendre leur carrière se retrouveront en territoire familier. Même le fait de savoir OÙ aller pour obtenir ce dont elles ont besoin pour travailler allège le stress accompagnant la transition. Dernier point, mais non des moindres, la prévisibilité est importante. Pour les infirmières et infirmiers novices, elle consiste à savoir : 

1 ) CE qu’elles feront (à quel rendement s’attend-on de ma part maintenant que j’ai mon diplôme; que dois-je « faire » dans ce rôle; suis-je suffisamment à l’aise avec les responsables pour pouvoir leur dire que la situation me dépasse),

2) elles le feront (à quel endroit dois-je travailler; vais-je travailler au même endroit durant chaque quart ou alterner entre diverses unités; si je dois commencer avec un emploi occasionnel, comment vais-je accumuler suffisamment d’heures sans m’exposer à trop de lieux de travail peu familiers),

3) QUAND elles le feront (vais-je faire des quarts de huit heures ou de douze heures; quelle est la rotation; lorsque « ça » arrive [code, décès, patient confus, diagnostic d’infection transmise sexuellement, suicide dans la collectivité] comment dois-je réagir), 

4) avec QUI elles le feront (avec qui vais-je travailler; à quoi dois-je m’adresser si j’ai des questions; qui peut me congédier; à qui puis-je me fier) et 

5) COMMENT elles le feront (quelles sont les différences entre ce que je faisais durant mes études et ce qu’on attend de moi maintenant que j’ai mon diplôme; que vais-je faire dans une situation que je

Que faire si j’observe une pratique contraire à l’éthique de la part d’une infirmière/d’un infirmier d’expérience?

C’est une question difficile. Les pratiques sous-optimales (la moins pire des mauvaises situations) ou contraires à l’éthique (la pire des mauvaises situations) sont une réalité – qui peut témoigner autant de problèmes de charge de travail ou d’enjeux socioculturels en milieu de travail que d’un manque de déontologie de la part de la personne fautive. Malheureusement, les problèmes d’éthique dans la pratique infirmière risquent d’être négligés parce qu’ils sont délicats et que les personnes qui les observent préfèrent souvent ne pas les dénoncer. Or, cet aspect du travail peut créer un stress énorme chez les infirmières/infirmiers novices qui veulent bien faire les choses et protéger leurs patients, mais aussi se faire accepter par leurs collègues et appartenir au groupe. Vous aurez intérêt à consulter le site web de votre organisme d’accréditation pour connaître les attentes en matière d’obligation de signalement et à demander l’avis d’infirmières/infirmiers d’expérience en qui vous avez confiance.

Les infirmières/infirmiers ont-elles droit à des pauses pendant leurs heures de travail?

Vous pouvez consulter la convention collective de votre syndicat pour savoir à quelles pauses vous avez droit. Bien que ce soit frustrant, les infirmières/infirmiers doivent souvent se passer de pauses. Ceci peut s’expliquer par une foule de raisons, comme une admission de l’urgence, l’aggravation de l’état d’un patient, un patient en crise, une procédure d’urgence, la nécessité de localiser un médecin, un ordre immédiat lors d’un changement de quart, la charge de travail, la tenue des dossiers, un code bleu, une pénurie de personnel ou une réunion. On encourage les employés à prendre leur pause lorsqu’il est sécuritaire de le faire.

Devrais-je envisager un emploi occasionnel, à temps partiel ou à temps plein après l’obtention de mon diplôme?

Parfois, les infirmiers/infirmiers novices jugent préférable de contrôler leurs heures et l’intensité de leur charge de travail durant leur première adaptation à la vie professionnelle. D’une part, un horaire TROP CHARGÉ risque d’entraîner un épuisement qui se traduira par plus d’erreurs et une capacité d’adaptation moins élevée. D’autre part, un horaire TROP PEU CHARGÉ empêchera la personne d’acquérir l’expérience suffisante pour se sentir à l’aise, et donc en confiance, dans son travail. Vous devez trouver VOTRE rythme, qui se situera habituellement entre ces deux extrêmes. N’oubliez pas que la stabilité, la constance, la familiarité et la prévisibilité de vos tâches comptent autant que le nombre d’heures de travail.

Quels sont mes droits et mes responsabilités concernant le refus d’un travail dangereux?

Les infirmières/infirmiers ont l’obligation légale et éthique de refuser d’effectuer une tâche dangereuse qui compromet la sécurité des patients. Vous devez absolument faire part de vos préoccupations à votre employeur, votre syndicat ou votre organisme d’accréditation, et documenter les mesures que vous avez prises afin de pouvoir vous y reporter plus tard. Il n’est ni sûr ni éthique de laisser un patient sans soignant, mais vous avez l’obligation de demander de l’aide quand vous jugez que la situation du patient dépasse vos capacités, ou de trouver un autre soignant qui est plus en mesure de s’occuper de cette situation tout en faisant tout votre possible pour veiller à la sécurité du patient. Si votre établissement possède un « processus de sécurité » (numéro à appeler en cas de situation dangereuse au travail ou système de signalement d’un milieu de travail dangereux), servez-vous-en. Si aucun processus de sécurité formel n’encadre votre pratique, vous devez faire part de vos préoccupations à l’infirmière/infirmier en charge, puis au directeur ou au gestionnaire de garde (appelez simplement le standard et demandez à parler au gestionnaire de garde).

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