Bonjour,

Je suis heureuse qu’on m’ait demandé de partager mes réflexions dans « Nos voix », nouvelle rubrique du site Préparer l’avenir des soins infirmiers. J’espère que ce récit de mes expériences aidera les nouvelles infirmières à se sentir entendues et à savoir qu’ELLES NE SONT PAS SEULES. Puisque votre avenir dépend des décisions que vous prenez maintenant, il n’y a rien de mal à modifier votre parcours.

Pendant mes études, je ne savais pas tout de suite à quelle branche des soins infirmiers je me destinais. Je gardais l’esprit ouvert, d’autant plus que la profession infirmière permet d’explorer différentes avenues avant de trouver sa place. Durant ma dernière session, je pensais travailler deux ans en télémétrie médicale pour acquérir une certaine expérience avant de passer à l’urgence ou aux soins intensifs. Diplômée en avril 2020, j’ai amorcé ma transition vers la vie professionnelle en pleine crise de santé publique mondiale. Quel choc! Comme bien d’autres, j’ai dû affronter des conditions imprévues et sans précédent qui s’ajoutaient aux pressions déjà grandes que subissait le système de santé. Nous sommes pourtant résilientes et j’avais encore hâte d’entreprendre la carrière à laquelle m’avaient préparée mes études, pour passer du statut d’étudiante à celui d’infirmière professionnelle!  

J’ai débuté mon programme d’orientation dans l’unité très diversifiée de télémétrie médicale où j’avais effectué mon stage de fin d’études. Dans le cadre de ce programme, je pouvais en principe être infirmière surnuméraire à temps plein. Cependant, le manque de personnel m’a souvent contrainte à agir comme infirmière de base, ce qui a un peu ajouté à mon stress puisque je ne savais pas si je pourrais compter sur une autre infirmière au besoin. Globalement, l’équipe m’a soutenue et je me suis sentie acceptée, ce qui m’a aidée puisque je n’avais pas l’impression d’être un fardeau. Je me sentais membre de l’équipe. Évidemment, je connaissais déjà mes collègues avec qui j’avais appris et travaillé durant mon stage pratique final. Ça m’a donné de l’assurance. De plus, j’avais eu la chance d’être initiée aux fondements théoriques de la transition des études à la vie professionnelle, ce qui m’a fortifiée. Parallèlement, le désir de me rapprocher de mon partenaire m’a amenée à changer de ville, et donc de lieu de travail quelques mois à peine après avoir débuté ma carrière. La directrice de ma nouvelle unité m’a appelée pour m’offrir un poste permanent à temps plein ou à temps partiel. J’ai été surprise de pouvoir choisir mon poste, ce qui était impossible avant la pandémie, et soulagée d’avoir un plan de carrière. J’ai d’abord constaté à quel point cette unité était plus grande que celle d’où j’arrivais, d’où un mélange de nervosité et d’excitation à l’idée de tout ce que j’allais apprendre. C’est ainsi que j’ai entamé un an et demi aux soins actifs.

Une fois en poste, j’ai été troublée d’apprendre que notre unité allait être désignée « COVID ». Les patients COVID n’ont pas afflué immédiatement, mais je me suis vite sentie vulnérable devant la nécessité de devenir opérationnelle rapidement. Heureusement, l’environnement de travail ressemblait à celui de mon unité précédente. Mes collègues étaient accueillantes et disponibles, toujours prêtes à me renseigner et à créer un environnement sécurisant pour moi. Une de mes amies connaissait quelqu’un qui travaillait dans cette unité, mais que je n’avais jamais rencontré. J’ai pris contact avec cette personne pour m’enquérir du milieu de travail. C’est ainsi que j’ai utilisé mes contacts pour vérifier quelque chose qui me tenait à cœur.

Hélas, à la longue, j’ai vu les choses se détériorer. Sans entrer dans les détails, je me souviens d’avoir ressenti de la tristesse chaque fois qu’un membre de l’équipe s’en allait. Elles avaient toutes de bonnes raisons de partir, et je me suis vite retrouvée dans le même état d’esprit. J’étais catastrophée de constater que le but que j’avais tant travaillé à atteindre ne me plaisait plus. Je me sentais comme un élastique qu’on étire et qui finit par casser sous le poids d’une charge de travail qui s’alourdissait sans cesse. Je me vidais de mon énergie. Je n’arrivais plus à surmonter l’anxiété qui m’envahissait avant chaque quart de travail. J’étais déçue de ne pas pouvoir dispenser la qualité de soins que je voulais offrir. Je m’apercevais que je supportais mal la situation, mais je ne savais pas vraiment quoi changer ou comment m’en sortir. J’ai donc continué, tout en me disant que je ne voulais plus rester là et que je n’en pouvais plus d’être aussi triste. Étant d’un naturel très positif, j’étais déterminée à me sortir de cet étau et à retrouver ma JOIE!

Mon copain, ma famille et mes amies m’ont offert un soutien dont je leur serai toujours reconnaissante. Il m’a fallu un certain temps pour savoir exactement ce qui devait changer. J’ai envisagé diverses possibilités et décidé d’attendre qu’un poste à temps partiel soit affiché, tout en m’inquiétant de perdre la sécurité d’un emploi à temps plein et de gagner moins d’argent. Je savais pourtant que l’argent ne m’avait pas apporté le bonheur jusque-là.

C’est alors que j’ai eu l’occasion de devenir « vaccinatrice COVID » sur une base occasionnelle. J’ai accepté ce poste temporaire parce qu’il me permettait d’intervenir en amont pour éviter que plus de gens se retrouvent à l’hôpital. En exerçant cette fonction, je me suis initiée aux autres tâches et responsabilités des infirmières en santé publique avec lesquelles je travaillais, et j’ai manifesté mon intérêt pour un poste occasionnel dans ce domaine. Les choses ont commencé à s’améliorer et les étoiles se sont alignées. J’ai finalement fait le saut vers le statut occasionnel pour m’orienter vers la santé publique dans un cadre hospitalier. Je m’inquiétais évidemment de passer au statut occasionnel dans le contexte actuel des soins infirmiers, mais j’ai tenté ma chance en sachant que je pourrais probablement retrouver un poste à temps plein à l’hôpital s’il le fallait. Au fil du temps, j’ai fini par m’installer durablement dans le domaine de la santé publique.

Ce changement de cadre de travail a changé ma vie. Comme vous le constatez, la transition vers la vie professionnelle comporte son lot de sentiments contradictoires et de déchirements internes. C’est vrai qu’on apprend tout au long de sa vie. Pendant mes études de baccalauréat, j’appréciais particulièrement la dimension holistique des soins infirmiers. Cela reste vrai et je considère que la communication est un élément essentiel de ma pratique infirmière qui m’aide tous les jours à poser les gestes adéquats avec humanité. La profession infirmière ouvrant sans cesse de nouvelles portes, soyez à l’affût de celle qui répond à vos aspirations.

Amitiés, Madi

Hello,

I am thankful to have been asked to provide a reflection for 'Our Voices,' a newly launched segment of Nursing The Future. I am hopeful that sharing some of my direct experiences will help new nurses to feel heard and know that YOU ARE NOT ALONE. Recognize that your future depends on the actions you take now so it’s ok to change your mind.

I was one of those students in nursing school that didn’t know immediately what area of nursing I wanted to go into. I was open and from what I heard nursing is a profession that you can move around in until you find your niche. During my final semester, my goal was to work a couple years on a medical telemetry floor to gain some needed experience before moving to Emergency or Intensive Care areas. I graduated in April 2020, and began my professional role transition amidst the global public-health crisis, what a shock! This left me and so many others with unexpected and unprecedented conditions layered on top of an already pressed healthcare system. Yet, we are resilient beings and I remained eager to step foot into the career that I had just poured myself through schooling to start. A place from student to working professional and call myself a Registered Nurse!

My New Graduate Orientation (NGO) began on a highly diverse Medical Telemetry floor, an area where I also completed my final nursing school practicum. I remember by design the NGO program allowed me to be a supernumerary staff member in a full-time capacity. However, due to staffing events, I would often be pulled to be a baseline nurse. This added some stress as I didn’t know if there would be a nurse available if I needed it. Overall, this team was supportive and I felt accepted, which made a difference because I didn’t see myself as a burden. I saw myself as a part of the team. Mind you it wasn’t the first time I engaged with these colleagues as I had learned and worked alongside them in my final practicum. I feel that was a promoter to build my confidence. In addition, I fortunately had exposure to theory about the foundational elements that feed into a new graduate nurse’s role transition and felt strengthened from this. Still, I will be first to admit that I did make changes in my personal life in order to be closer to my partner, starting with moving to a new town and therefore switching workplaces after only months in the workforce. I remember receiving the call from the manager offering me either a permanent full-time or part-time position with this unit. I was surprised that I got my pick of a position, unheard of pre-pandemic, but was relieved to have a plan. I remember noticing first how large this unit was compared to where I came from, which made me nervous but also excited because I knew I was going to learn lots. This is where I began the next year and a half in an acute-care setting.

Once arriving to my new workplace, I was disturbed to find out the plan to become a designated 'COVID unit.’ Although, the influx of COVID patients was not immediate, within a short period of time I felt vulnerable by needing to get up to speed quickly. Thankfully, the work environment wasn’t so different from my previous unit. Staff were welcoming, approachable, informative, and overall created a safe environment for me. I remember connecting with one person that I had never personally met but worked on this unit and knew a friend of mine, so I reached out to ask about the work environment. It was a way I utilized my connections to check on something important to me.

Sadly, over time I could tell things were changing. Some details I try to recall are a blur, but I remember feeling quite sad every time another staff member left. They all had their reasons for change, and I soon fell into the same boat. It was devastating to know that I worked so hard to achieve this goal just to realize I didn’t want it. I sort of pictured myself stretching like a band and with the increased workload demands it became harder to keep up, so I broke. I could feel my energy slipping. I developed pre-shift anxiety, something I had previously overcome. I was challenged not being able to live up to the standard of client care I wanted to provide. Frankly, I knew I wasn't coping well but I didn't know exactly what to change or how to get out, so I just continued. I repeatedly said, “I don't want to be here anymore" and “I don’t want to be sad.” By nature, I’m a very positive person so I was determined to bring myself out of the darkness and re-find my JOY!

I received loving support from my partner, family, and friends for which I am ever grateful. It took me a bit before I narrowed down on what needed to change. I considered some options and decided to wait for a part-time position to be posted but I was worried about the uncertainty of not having a full-time position and making less money.  Although, I knew money was not buying my happiness up until this point.

One day there became an opportunity to become a 'COVID Immunizer' on a casual basis. Although a temporary position, I saw this as an upstream approach from what I had been encountering with COVID patients and I wanted it. After more exposure, I became interested in the additional roles and responsibilities of the Public Health Nurses that I was working with, so I expressed my interest in casual employment within this area. Things started shifting for the better and the stars aligned. I ended up taking a leap and switching to casual status in the hospital setting to pursue orientation as a casual Public Health Nurse. Honestly, although deeply worried about transitioning to casual with the current climate of nursing, I knew the hospital would likely be an option to come back to if I needed and so I decided to take the chance. Over time, I eventually fell permanently situated within Public Health.

For me, changing workplaces was simply lifechanging. As you can gather from my reflection this process of transition is not without both mixed feelings and internal struggles. There is certainly truth to lifelong learning. During my undergraduate degree, one of the aspects I most enjoyed was the holistic approach of nursing care. This remains true and I see communication as a vital element each day in my nursing practice that helps me respond adequately and humanely. Being a nurse opens new doors, so be on the lookout for one that aligns with your aspirations.

Warmly, Madi

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