November 6, 2023

Nos voix

Bonjour,

Je suis heureuse qu’on m’ait demandé de partager mes réflexions dans « Nos voix », nouvelle rubrique du site Préparer l’avenir des soins infirmiers. J’espère que ce récit de mes expériences aidera les nouvelles infirmières à se sentir entendues et à savoir qu’ELLES NE SONT PAS SEULES. Puisque votre avenir dépend des décisions que vous prenez maintenant, il n’y a rien de mal à modifier votre parcours.

Pendant mes études, je ne savais pas tout de suite à quelle branche des soins infirmiers je me destinais. Je gardais l’esprit ouvert, d’autant plus que la profession infirmière permet d’explorer différentes avenues avant de trouver sa place. Durant ma dernière session, je pensais travailler deux ans en télémétrie médicale pour acquérir une certaine expérience avant de passer à l’urgence ou aux soins intensifs. Diplômée en avril 2020, j’ai amorcé ma transition vers la vie professionnelle en pleine crise de santé publique mondiale. Quel choc! Comme bien d’autres, j’ai dû affronter des conditions imprévues et sans précédent qui s’ajoutaient aux pressions déjà grandes que subissait le système de santé. Nous sommes pourtant résilientes et j’avais encore hâte d’entreprendre la carrière à laquelle m’avaient préparée mes études, pour passer du statut d’étudiante à celui d’infirmière professionnelle!  

J’ai débuté mon programme d’orientation dans l’unité très diversifiée de télémétrie médicale où j’avais effectué mon stage de fin d’études. Dans le cadre de ce programme, je pouvais en principe être infirmière surnuméraire à temps plein. Cependant, le manque de personnel m’a souvent contrainte à agir comme infirmière de base, ce qui a un peu ajouté à mon stress puisque je ne savais pas si je pourrais compter sur une autre infirmière au besoin. Globalement, l’équipe m’a soutenue et je me suis sentie acceptée, ce qui m’a aidée puisque je n’avais pas l’impression d’être un fardeau. Je me sentais membre de l’équipe. Évidemment, je connaissais déjà mes collègues avec qui j’avais appris et travaillé durant mon stage pratique final. Ça m’a donné de l’assurance. De plus, j’avais eu la chance d’être initiée aux fondements théoriques de la transition des études à la vie professionnelle, ce qui m’a fortifiée. Parallèlement, le désir de me rapprocher de mon partenaire m’a amenée à changer de ville, et donc de lieu de travail quelques mois à peine après avoir débuté ma carrière. La directrice de ma nouvelle unité m’a appelée pour m’offrir un poste permanent à temps plein ou à temps partiel. J’ai été surprise de pouvoir choisir mon poste, ce qui était impossible avant la pandémie, et soulagée d’avoir un plan de carrière. J’ai d’abord constaté à quel point cette unité était plus grande que celle d’où j’arrivais, d’où un mélange de nervosité et d’excitation à l’idée de tout ce que j’allais apprendre. C’est ainsi que j’ai entamé un an et demi aux soins actifs.

Une fois en poste, j’ai été troublée d’apprendre que notre unité allait être désignée « COVID ». Les patients COVID n’ont pas afflué immédiatement, mais je me suis vite sentie vulnérable devant la nécessité de devenir opérationnelle rapidement. Heureusement, l’environnement de travail ressemblait à celui de mon unité précédente. Mes collègues étaient accueillantes et disponibles, toujours prêtes à me renseigner et à créer un environnement sécurisant pour moi. Une de mes amies connaissait quelqu’un qui travaillait dans cette unité, mais que je n’avais jamais rencontré. J’ai pris contact avec cette personne pour m’enquérir du milieu de travail. C’est ainsi que j’ai utilisé mes contacts pour vérifier quelque chose qui me tenait à cœur.

Hélas, à la longue, j’ai vu les choses se détériorer. Sans entrer dans les détails, je me souviens d’avoir ressenti de la tristesse chaque fois qu’un membre de l’équipe s’en allait. Elles avaient toutes de bonnes raisons de partir, et je me suis vite retrouvée dans le même état d’esprit. J’étais catastrophée de constater que le but que j’avais tant travaillé à atteindre ne me plaisait plus. Je me sentais comme un élastique qu’on étire et qui finit par casser sous le poids d’une charge de travail qui s’alourdissait sans cesse. Je me vidais de mon énergie. Je n’arrivais plus à surmonter l’anxiété qui m’envahissait avant chaque quart de travail. J’étais déçue de ne pas pouvoir dispenser la qualité de soins que je voulais offrir. Je m’apercevais que je supportais mal la situation, mais je ne savais pas vraiment quoi changer ou comment m’en sortir. J’ai donc continué, tout en me disant que je ne voulais plus rester là et que je n’en pouvais plus d’être aussi triste. Étant d’un naturel très positif, j’étais déterminée à me sortir de cet étau et à retrouver ma JOIE!

Mon copain, ma famille et mes amies m’ont offert un soutien dont je leur serai toujours reconnaissante. Il m’a fallu un certain temps pour savoir exactement ce qui devait changer. J’ai envisagé diverses possibilités et décidé d’attendre qu’un poste à temps partiel soit affiché, tout en m’inquiétant de perdre la sécurité d’un emploi à temps plein et de gagner moins d’argent. Je savais pourtant que l’argent ne m’avait pas apporté le bonheur jusque-là.

C’est alors que j’ai eu l’occasion de devenir « vaccinatrice COVID » sur une base occasionnelle. J’ai accepté ce poste temporaire parce qu’il me permettait d’intervenir en amont pour éviter que plus de gens se retrouvent à l’hôpital. En exerçant cette fonction, je me suis initiée aux autres tâches et responsabilités des infirmières en santé publique avec lesquelles je travaillais, et j’ai manifesté mon intérêt pour un poste occasionnel dans ce domaine. Les choses ont commencé à s’améliorer et les étoiles se sont alignées. J’ai finalement fait le saut vers le statut occasionnel pour m’orienter vers la santé publique dans un cadre hospitalier. Je m’inquiétais évidemment de passer au statut occasionnel dans le contexte actuel des soins infirmiers, mais j’ai tenté ma chance en sachant que je pourrais probablement retrouver un poste à temps plein à l’hôpital s’il le fallait. Au fil du temps, j’ai fini par m’installer durablement dans le domaine de la santé publique.

Ce changement de cadre de travail a changé ma vie. Comme vous le constatez, la transition vers la vie professionnelle comporte son lot de sentiments contradictoires et de déchirements internes. C’est vrai qu’on apprend tout au long de sa vie. Pendant mes études de baccalauréat, j’appréciais particulièrement la dimension holistique des soins infirmiers. Cela reste vrai et je considère que la communication est un élément essentiel de ma pratique infirmière qui m’aide tous les jours à poser les gestes adéquats avec humanité. La profession infirmière ouvrant sans cesse de nouvelles portes, soyez à l’affût de celle qui répond à vos aspirations.

Amitiés, Madi

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